Heureux comme un Juif au “pays de l’Apartheid!”.

Heureux comme un Juif au “pays de l’Apartheid!”.

Le 20 janvier sera la date qui marque la première fois qu’un Premier Ministre d’une nation européenne admet l’existence d’un “Apartheid” dans son proper pays. Le Premier Ministre français Manuel Valls a déclaré ce fait aux journalists, moins de 2 semaines après les massacres de Charlie-Hebdo et d’HyperCacher en début janvier. De façon plus spécifique, il eur a dit qu’il y a un “Apartheid territorial, social et ethnique”, en France[1]. Valls semble avoir oublié et aurait pu ajouter le mot : “religieux”.

Plus tôt, Valls avait offert un remarquable discours devant le Parlement français, le 13 janvier, où il a traité des problèmes les plus urgents et ce que le gouvernement ferait pour déjouer les attentats jihadistes[2]. Il aurait pu s’en tenir là. Les gouvernements précédents ont négligé, de façon repetitive, les problèmes de longue haleine, qui résultent de l’échec de l’intégration de franges entières des millions d’immigrés musulmans. En employant le terme “Apartheid”, Valls a, désormais, engagé la responsabilité de son gouvernement dans l’amélioration d’une réalité extrêmement complexe et problématique, plutôt que d’abandonner la question aux gouvernements futurs.

Nombreux sont ceux qui ont été choqués par l’usage sans précédent de Valls du mot “Apartheid[3]”. Il été, effectivement, déplacé. Ce terme n’est uniquement appliquable qu’à la situation de l’Afrique du Sud, sous la férule de la domination blanche jusqu’à la dernière partie du XXème siècle. En outre, l’essentiel de cette ségrégation de franges entières de la population musulmane en France n’est pas la conséquence des mesures gouvernementales, mais s’est auto-imposée. Les opposants de Valls ont utilisé des contre-argumentaires qui sont familiers aux Israéliens, faussement accusés d’instaurer un régime “d’Apartheid”.

Dans les mois à venir, Valls devra introduire un plan pour s’attaquer à cette situation. Un problème monumental concerne le développement d’un certain nombre de “zones de non-droit”, comme on les appellee communément. L’érudit américain Daniel Pipes les a, cependant, un peu mieux défini comme des “quartiers semi-autonomes”.

Pipes écrit que “les gouvernements choisissent souvent de ne pas imposer leur volonté sur les secteurs à majorité musulmane, leur concédant ainsi une marge d’autonomie considerable, qui comprennent en certains cas… des tribunaux de la Shari’a… L’alcool et le porc sont effectivement interdits dans ces quartiers, la polygamie et la burqa sont monnaie courante, la police n’y fait incursion qu’avec prudence et en force, et le Musulmans s’en tirent à coups d’infractions, qui sont parfaitement illégales pour le reste de la population[4]”.

Cette démission en chaîne de l’Etat s’illustrait particulièrement dans une série d’émissions de la 10ème chaîne israélienne. En 2012, la chaîne a envoyé le journaliste Zvi Yehezkiely en France, pour enquêter sur les problèmes liés aux Musulmans en Europe. Il a risqué sa vie en posant comme étzant Palestinien, afin de ramener du materiel pour sa série de reportages en 4 parties. Il n’y a jamais eu de série européenne aussi poussée, mise en oeuvre afin de montrer en long et en large la réalité des ghettos musulmans, la loi de la Chari’a, l’oppression religieuse, la violence, la discrimination des femmes, l’antisémitisme qui y règnent et ainsi de suite.

Un facteur crucial dans tout plan gouvernemental voulant s’y atteler, serait de commencer par mettre un terme à l’existence de ces zones semi-autonomes. Il n’y a rien d’évident sur la façon de procéder, car il n’y a pas de precedent. Changer cette situation est encore plus compliqué du fait que la grande majorité des Musulmans français qui participant aux élections y plébiscitent le parti Socialiste de Valls.Quoi que le gouvernement français fera, prendra probablement plus d’une décennie avant de commencer à apporter des résultats probants. Il y aura des obstacles prévisibles à ces efforts, dressés par des franges assez importantes de la communauté musulmane. Ces obstructions ne se limiteront pas aux actions du nombre relativement limité de partisans directs du Jihad et du groupe plus vaste des autres Salafistes. En plus, tout ce qui ira de travers dans cette politique sera exploité par l’extrême-droite du Front National.

Et pourtant, la lutte du gouvernement français contre la situation actuelle n’est qu’une partie de l’équation. La part la plus importante depend aussi des évolutions internes, au sein des sociétés musulmanes en France. La question est toujours soulevée, pour savoir si les dirigeants musulmans les plus modérés ont le pouvoir de l’emporter sur les fanatiques. Et s’ils y parviennent effectivement, combine de temps cela prendra avant d’en constater des résultats tangibles?

Les évènements internationaux dans le monde musulman ne rendront pas la tâche facile aux modérés pour prendre le contrôle. Le fanatisme musulman risqué fort de se développer d’autant plus. Et cela se produira, même si le mouvement de l’Etat Islamique” en Irak et en Syrie est balayé de la terre par la coalition des Occidentaux et de certains pays arabes. Ses idées et préceptes continueront d’être entretenus dans les regions du monde musulman.Dispoer du contrôle territorial, comme c’est actuellement le cas, contribue à ouvrir un marché à ces idées, mais ce n’est pas absolument necessaire.

Quels que soient les résultats de ce processus, il n’apportera pas de résultats tangibles à la communauté juive avant plus d’une décennie. Tous les scenarios d’avenir restent sombres.

Au cours de l’année 2000, les actes antisémites ont augmenté rapidement, après l’éclatement de la Seconde Intifada, et ils sont demeurés à des niveaux toujours plus hauts. Le meurtre de Sébastien Sellam, en 2003 et la torture suivie de meurtre d’Ilan Halimi, ont l’un comme l’autre, été commis par des Musulmans.

Les massacres de Toulouse en 2012 de trois soldats français et de quatre Juifs, dont 3 enfants, perpétrés par Mohammed Merah, étaient d’une nature différente, cependant et le récent cycle de terreur dans Paris est le fruit d’une structure identique. Ils prennent d’abord pour cibles des citoyens français ordinaires ou des intellectuels et, ensuite, les Juifs. Il se peut fort bien que les attentats à venir contre des cibles françaises s’accompagnent d’attentats marqués contre les Juifs. La communauté juive ne représente qu’un pour cent dela population du pays, et il est très probable qu’elle continuera à être cette même cible, et de façon disproportionnée.

On peut observer la dégradation de la situation des Juifs depuis le début de ce siècle. Outre les fréquentes aggressions antijuives, une tendance s’est développée, où des Juifs engagés ont sortis leurs enfants de l’école publique, dans lesquelles ils étaient harcelés à cause de leur confession. Ces enfants ont ainsi été places en écoles juives ou du secteur privé. Désormais, les enfants qui vont à l’école juive sont confrontés à des soldats en armes, de façon quotidienne, qui gardent les portes de l’école, en cas d’attaque potentielle et sont stationnés là pour veiller sur la vie des élèves, de l’équipe pédagogique et des parents. Ces soldats servent à rassurer, mais sont aussi un rappel quotidien des réalités problématiques vécues par les Juifs, à l’exception de tous les autres.

Tout effort structurel fait par le gouvernement français, afin de résoudre les nombreux problèmes survenant des éléments radicalisés au sein de la communauté mususlmane risquent, probablement, de conduire à des tensions accrues. Les troubles qui ne manqueraient pas de s’en suivre vont probablement affecter les Juifs, de façon disproportionnée. Un renforcement du Front National de la droite “dure”, qui comporte de nombreux antisémites, peut intensifier encore cette atmosphere générale.

En ce qui concerne Israël, les tentatives françaises de se confronter aux franges problématiques de l’immigration musulmane représentent, soit un danger, soit une opportunité. C’est un péril parce que le gouvernement français va, sans doute, compenser ces actions en s’attachant les faveurs des électeurs musulmans potentiels, en mettant en oeuvre des politiques encore et toujours plus anti-israéliennes. Le vote de la France pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien sans négociation au Conseil de Sécurité de l’Onu, est un bon exemple de ces manoeuvres dilatoires. Simultanément, Israël dispose d’une grande expérience pour faire face à la violence musulmane. Si Israël appprend à présenter ses politiques et méthodes d’une façon plus sophistiquée à la communauté international, et en particulier au gouvernement et à la population française, il peut démontrer qu’Israël est en avance sur la France dans la bataille pour la survie de la démocratie occidentale.

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

Notes :

[1] “Manuel Valls évoque ‘un apartheid territorial, social, ethnique’ en France,” Le Monde, 20 January 2015. [French]

[2] “Discours de Manuel Valls à l’Assemblée nationale en hommage aux victimes des attentats,” Gouvernement.fr, 13 January 2015. [French]

[3] Luc Bronner, “L’’apartheid’ en France ? Pourquoi les mots de Manuel Valls marquent une rupture,” Le Monde, 20 January 2015. [French]

[4] Daniel Pipes,“Does Europe have No-go Zones?” Daniel Pipes Middle East Forum, 20 January 2015.

Comments are closed.