Israël : Qui finance les manifestations des « infiltrés » économiques?

Israël : Qui finance les manifestations des « infiltrés » économiques?

Les milliers de travailleurs illégaux étrangers, appelés « infiltrés » en hébreu ou immigrés économiques clandestins (ce ne sont pas des réfugiés politiques, contrairement à certaines revendications), ne sont pas à l’origine de la protestation massive qui agite Israël actuellement.

On voit clairement l’abus de langage inspiré d’un statut de « réfugié politique », ce que n’est pas la vaste majorité des protestataires.D’ailleurs, les dossiers de l’ONU regorgent de signalements de trafic humain, organisé par des filières bédouines et d’autres, locales, depuis l’Erythrée ou d’autres points, à travers le Soudan et le Sinaï, vaste zone de non-droit soumise à tous les marchés parallèles : frogue, armes, humains. Ils occasionnent des meurtres, des prises d’otages, des mutilations, du trafic d’organes, etc. L’absence d’accords bilatéraux avec la plupart des pays environnants empêche toute coordination transnationale, permettant de trouver des solutions justes, avant même l’arrivée de ces gens, qui trouvent une faille en franchissant la frontière.

L’Europe, également, leur interdit l’accès sur son sol, ou traite le problème à la marge, en fonction de ses propres ressources. Il suffit de se reporter aux drames humains incessants au large de Lampedusa.

Si l’on veut prêter attention au problème des clandestins en Israël, alors il faut évaluer les capacités de ce petit pays, a minima, avec les mêmes critères qu’on ne le ferait, concernant l’Europe, sous le poids de la crise économique et des pressions démographiques, venues via Lampedusa ou ailleurs.

Il faut aussi tenir compte des équilibres démographiques et géopolitiques du bassin humain concerné et des capacités d’absorption du marché national. D’autre part, Israël se définit comme Etat Juif et démocratique et se soucie d’être le seul pays-refuge pour les Juifs du monde entier, quel que ce soit le problème qu’ils rencontreraient ailleurs. L’antisémitisme reste un problème planétaire et la vocation d’Israël, de ce point de vue, est intacte.

image: http://jforum.fr/wp-content/uploads/IMG/jpg/009.jpg
Des masses rassemblées devant la Knesset.Des milliers de manifestants, travailleurs illégaux venus d’Afrique, se sont rassemblés, devant la Knesset, pour réclamer leurs droits civiques, dont celui d’être reconnus pour ce qu’ils ne sont pas : des réfugiés « politiques ». On se doute que tous ne vivent pas à Jérusalem. Leurs propres caisses de solidarité suffisent-elles à éponger les sommes énormes qu’il faut acquitter pour payer les billets de bus, de trains à l’intention d’un tel nombre de personnes ? Vraisemblablement, non.

Ils bénéficient du soutien des ONG européennes et d’associations d’extrême-gauche israélienne, – à l’instar des « sans-papiers », en France -qui viennent déjà, par ailleurs, au secours des Bédouins , lorsqu’ils sont, par exemple, expulsés pour avoir construit illégalement. On l’a récemment vu, par le cas éclairant de Mme Marion Fesneau-Castaing Article original, émanation du Consultat de France à Jérusalem, qui s’est couchée à terre devant des soldats, de manière emphatique et ostentatoire, pour protester contre une mesure arrêtée par la Cour Suprême, qui traite judiciairement, les dossiers de l’habitat.

Ces activistes européens et de la gauche radicale israélienne se saisissent, chaque fois qu’ils le peuvent, de tout litige concernant, prioritairement les Palestiniens , pour noircir l’image d’Israël et délégitimer cet Etat, stigmatisé, a priori comme « raciste », « xénophobe ». Depuis quelques temps, ils ont appuyé la cause les Bédouins, à travers la contestation du plan Begin-Prawer . Ils ont aussi contribué, en 2011, à la mobilisation des tentes, contre la crise du logement, à laquelle le gouvernement a répondu par des mesures, qui ne seront jamais satisfaisantes à 100%. Ils sont, à nouveau, à l’œuvre dans une vaste entreprise de diabolisation, sous couvert d’humanisme ou « de racisme humanitaire » (selon Manfred Gerstenfeld), concernant ces travailleurs africains illégaux.

image: http://jforum.fr/adserver/www/images/cabfdf466c9f6ac045e7f2aa5c9d4651.jpg
Ce combat, même dans la justesse de certaines de ses intonations, ne doit pas occulter quelque chose de plus profond : la lutte ouverte contre les valeurs mêmes du Sionisme, en tant que démocratie juive en marche .Jusqu’à présent, il y n’y a pas eu de violence, tournée contre l’extérieur des communautés concernées. Les pressions et agressions, quand elles ont lieu, se déroulent en interne.

Avant-hier même, un travailleur, partageant les mêmes conditions que ces protestataires, s’est rendu à son travail. Considéré par ses pairs comme un « briseur de grève », il a été passé à tabac, par ceux-ci et frappé quasiment à mort, par une dizaine de ces « organisés pacifiques ». Comme le leur font comprendre les ONG, même la violence, lorsqu’ils la pratiquent, n’est pas de leur fait, car, selon leur doxa, c’est bien, en toute situation « la faute d’Israël » qui ne leur accorde pas tous les droits qu’ils revendiquent.

Si on interroge chacun de ces migrants du troisième type, ou leur pays d’origine, ces personnes, prises individuellement, n’ont rien, bien au contraire, à reprocher à la société israélienne, sinon qu’ils cherchent à s’y maintenir le plus longtemps possible. Les rapports, entre eux et les autres membres de la société sont, généralement, humains et cordiaux.

Mais, face à un drame quelconque, les ONG redressent la tête, prêtent l’oreille et se chargent de noircir le tableau, de générer le scandale et une situation de « panique sociale ».

Et il est vrai, a priori, que ces personnes, ont droit à une protection sociale, des aides minimales et une solution, la plus juste possible, pour chacun d’entre eux. Mais, il faut, aussi tenir compte de la pression démographique et économique qu’ils représentent, lorsqu’on se saisit du problème dans son ensemble, comme tout gouvernement est chargé de le faire, aux ajustements personnels près.

Il y aurait, par un autre a priori, des solutions aussi drastiques que simples, dans tout état de droit qui se respecte, à l’intention de ces Mistabelim (infiltrés). Comme le font la France (avec les fameux « charters » et zones de transit dans les aéroports, ou le nettoyage de Sangate, le problème des Roms et le cas « Léonarda« ), ou l’Australie tout dernièrement. Cela consisterait à les renvoyer, illico, par bateaux, avions, là d’où ils viennent. Israël évite de procéder à des expulsions radicales. Il n’empêche que c’est le rôle de tout état de réagir face à la pression collective.

Il faut, donc, trouver des solutions humaines et dignes, évitant toute atteinte au droit humanitaire, pour les inciter à retourner chez eux, sachant que nous parlons bien d’immigrés pour le travail et non de persécutés, sur leur base de départ.

Compte-tenu des capacités d’infiltrations, constatées ces dernières années, il est probable que près de 90% de ces illégaux devraient être conduits à repartir. Tous ceux appelés à rester doivent, en effet, bénéficier d’un vrai salaire, respectant la qualité de vie de chacun. Sans quoi on crée un sous-marché de l’emploi précaire, qui accorderait un niveau de revenu inacceptable, selon toutes les normes économiques et sociales. On ne peut accorder un tiers de salaire ou un demi-salaire, sans accentuer encore les inégalités et les situations de paupérisation.

Mieux vaut, en ce cas, prendre le temps nécessaire pour réunir le budget suffisant à offrir un petit pécule à chacun lui permettant de se remettre en selle et de redémarrer, là d’où ils viennent.

Actuellement, Israël n’a guère besoin de main d’œuvre supplémentaire. L’accroissement du nombre de chercheurs d’emplois (précaires ou non) ne fait qu’alimenter les tensions sociales. Et ces tensions éveillent la sympathie de ces ONG, a priori, opposées aux politiques de l’Etat dans lequel elles résident. Ces organisations les aident, en retour, à formuler une certaine légitimité de leurs revendications, y compris si elle devait en passer par une certaine violence (interne ou contre la police), parce que l’Etat de Droit, selon leurs principes d’action, a toujours tort. Pour elles, ce n’est jamais la situation qui est complexe et difficile à résoudre, mais l’Etat, la Nation, qui sont, par définition, « racistes ». Les Juifs, en refoulant des entrants illégaux, referaient ce que d’autres (les Nazis) leur ont fait. La chanson est bien connue.

Or, à un tel problème, lié à la globalisation des mouvements migratoires, ne concerne pas, uniquement, Israël. Il faut trouver des remèdes. Il faut faire en sorte de rendre conciliable et possible leur reconnaissance en tant qu’hommes et l’image qu’ils n’ont pas forcément conservé, aux yeux du reste du monde, à commencer par les pays de leur provenance, qui cessent, automatiquement, de les rappeler à leur citoyenneté d’origine.

Il faut aussi, certes, qu’on les sauve de la misère qu’ils vivent, sur place, en leur donnant de quoi se réinstaller, peut-être, en qualifiant ce qui peuvent l’être, pour un meilleur développement de leur pays d’origine, lorsqu’ils y retourneront. Car ils y retourneront sûrement. Il faut être clair et arrêter de mentir sur l’existence chimérique d’Eldorados prêts à se sacrifier et à couler sous l’afflux du nombre. Pour mettre en place un tel plan global, il faudrait, environ 3 ans de préparation.

Lorsqu’on regarde, maintenant, le passeport d’un migrant (légal) chinois, présent en Israël, on y trouve un visa valable pour une durée fixe, de 3 ou 4 ans et l’affection à un type spécialisé d’emploi. Si tel est qualifié pour le bâtiment, alors il effectuera son travail dans ce secteur et son statut de travailleur étranger ne lui permet pas de se transposer sur un autre pour prolonger son séjour au-delà du délai validé par son pays, en conformité avec les lois israéliennes.

Sans de telles mesures équilibrées et échelonnées dans le temps, coordonnées avec les pays d’Europe et d’Afrique impliqués dans les mêmes mécanismes généraux, on pousse un pays à se suicider.

Les ONG, prétendues humanitaires, refusent de chercher le « point d’équilibre » nécessaire à traiter les pressions démographiques environnantes. Politisées, elles refusent, pourtant, les principes élémentaires du droit des Etats-Nations et la prise en compte de leur capacité d’absorption. Leurs agissements, dans l’ombre, poussent des groupes de pression à rompre des équilibres fragiles. On sait, par exemple, actuellement que des pays européens à population réduite et à faible superficie, tels que la Slovaquie, la Croatie, l’Arménie (en Asie centrale), pas plus qu’Israël, ne sont en capacité d’assumer des flux migratoires massifs. Ces ONG poussent ces migrants en surnombre à se nourrir avec « des pierres » à manger des cailloux »>Article original.

La priorité d’Israël, de demeurer ouvert et sensible à la problématique des Juifs à travers le monde , relève de sa perception historique et géopolitique. L’Etat Juif ne peut pas limiter le droit des Juifs à s’installer et devenir automatiquement citoyens, sous prétexte d’idéaux universalistes qui ne seraient appliqués nulle part. Chaque Juif doit pouvoir se déterminer, en conscience, face à son droit imprescriptible d’en devenir citoyen. Israël, Etat-Nation du peuple Juif n’a pas vocation à changer de nature pour complaire à ses critiques, qui lui trouveront, quoi qu’il en soit, tous les défauts de la terre.

Ce texte est directement inspiré des propos de Ben Dror Yemini, dans Ma’ariv (non disponible en anglais ni français, à cette heure, répercuté et traduit, en substance, par Eric et Derek, d’Ashdod).

Comments are closed.