Les résultats électoraux dévoilent le vrai visage de l’Europe
A quel point la montée des partis néofascistes et d’extrême-droite, aux élections pour le Parlement européen, est néfaste pour les Juifs et Israël ? Poser des questions incomplètes ne contribuera pas beaucoup à mieux comprendre l’énorme complexité de la réalité dans l’Union Européenne.
Il serait plus utile de poser une autre question d’une portée bien plus considérable : quelles sont les réelles menaces contre les Juifs et Israël qui émanent de l’Union Européenne ? Pour en dégager un premier aperçu, on devrait distinguer ces deux aspects du problème. Tout ce qui menace les Juifs n’est pas toujours extrêmement dangereux pour Israël et vice-versa.
La violence physique et toutes les autres formes d’atteintes sont les principaux dangers qui menacent les Juifs européens. Les partis d’extrême-droite radicale antisémite, tels que Jobbik en Hongrie et l’Aube Dorée en Grèce, sont, surtout, dangereux dans leurs propres pays. Un autre problème important en Europe concerne les attaques fréquentes contre les rites juifs, comme l’abattage rituel et la circoncision. Concernant la violence physique, ce changement dans la composition du Parlement ne va, probablement, guère avoir plus d’impact qu’il n’en a déjà. Cependant, l’arrivée de nouveaux partis d’extrême-droite populiste peut accroître l’exigence envers un renforcement de la loi et de l’ordre en Europe. D’autres partis peuvent venir renforcer les rangs du lobby contre l’abattage casher et la circoncision.
L’augmentation des parlementaires contre l’Islam peut entraîner avec elle, non pas uniquement, plus de xénophobie, mais aussi un avertissement nécessaire aux communautés musulmanes et à leurs dirigeants, qu’il est temps d’agir, de manière plus déterminante, contre les nombreux racistes, antisémites, radicaux et hooligans, dans leurs propres rangs. Le racisme est préjudiciable à tous, et accentuer la responsabilité communautaire des Musulmans serait positif. A l’exception de quelques endroits, comme dans la troisième ville d’importance en Suède, Malmö, la majorité des agressions physiques contre les Juifs étaient, auparavant, commises par des Européens « Blancs ». Pourtant, les Musulmans sont souvent grandement surreprésentés parmi les agresseurs antisémites, quand on considère la taille de leur groupe dans la population générale. C’est encore plus vrai, parmi ceux qui commettent les crimes antisémites les plus violents -1-.
En ce qui concerne les atteintes contre les rituels juifs, beaucoup sont instillées par l’extrême-gauche ou même des partis des courants dominants. Un cas récent – l’interdiction de l’abattage rituel au Danemark – a été décrété par un socialiste hypocrite devenu Ministre de l’Agriculture. Il a prétendu vouloir protéger les animaux – dans un pays où des maisons closes se consacrant aux activités bestiales, comme l’offre et la promotion des relations sexuelles entre des humains, des chiens et d’autres animaux, sont parfaitement légales -2-. Les mêmes mesures contre l’abattage casher aux Pays-Bas, qui ont été votées à la Chambre Basse du Parlement, mais ont été rejetées au Sénat, ont été initiées par le Parti en faveur des Animaux, qui est, maintenant, parvenu à obtenir son premier siège au Parlement européen. Elles ont été soutenues par des Socialistes des courants d’extrême-gauche et des populistes du Parti de la Liberté de Geert Wilders -3-.
L’Union Européenne a fait très peu de choses pour lutter contre l’antisémitisme, excepté sur le mode rhétorique. En 2013, l’U.E – par le biais de son Agence pour les Droits Fondamentaux – a supprimé de son site internet sa définition de l’antisémitisme datant d’il y a huit ans -4-. Cela peut probablement s’expliquer, en partie, par le fait que cette définition comprenait le descriptif des actions antisémites contre Israël. Si on s’en tenait à cette définition, l’U.E et plusieurs de ses dirigeants commettent régulièrement des actes antisémites. Le simple fait d’appliquer des double-standards, dès qu’il s’agit des implantations israéliennes, est l’un des nombreux exemples pouvant l’illustrer.
Concernant Israël, la situation devient même plus compliquée. Si nous commençons à classer les incitateurs à la haine anti-israélienne, par exemple, où peut-on mettre le Parti des Verts français – partisans des glorificateurs palestiniens des assassins de civils israéliens – si on le compare au Front National de ce même pays, dirigé par Marine Le Pen ? Ce dernier a des origines fascistes, autant que des négateurs de la Shoah et d’autres fascistes parmi ses membres. Cette catégorie comprend le père de cette dirigeante, Jean-Marie Le Pen, réélu au Parlement Européen.
L’extrême-gauche européenne essaie aussi de se regrouper. Elle présente le Grec Alexis Tsipras comme son meneur. Il dirige le parti anti-israélien Syriza, qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages en Grèce -5-. De nombreux socialistes européens préfèrent ignorer systématiquement l’incitation au génocide antisémite promu par le Hamas et la glorification des assassins palestiniens de civils israéliens, par Mahmoud Abbas et ses associés. Les socialistes, cependant, sont loin d’être les seuls à le faire, au sein des partis dominants.Les Populistes d’Europe sont très diversifiés. La deuxième faction italienne la plus importante au Parlement Européen est conduite par le Mouvement Cinq-Etoiles, du comédien Beppe Grillo, viscéralement anti-israélien. Son tribun a formulé de nombreuses remarques antisémites -6-. Le parti UKIP anti-immigrés, qui a remporté les élections au Royaume-Uni, ne traite pas particulièrement d’Israël. Le Parti hollandais des Libertés est pro-Israélien.
La principale perdante de ces élections, c’est l’Union Européenne elle-même et sa bureaucratie non-démocratique et arrogante. En tout premier lieu, les Européens ont, surtout, voté avec leurs pieds en ne se rendant pas aux urnes. On note une participation d’environ 43%. Les Eurosceptiques et anti-Européens représentent environ 30% des parlementaires. Bien qu’il y a ait un mélange hétérogène de gauchistes, de gens de droite extrême et de populistes, les bureaucrates bruxellois ressentiront le poids de leur présence.
Le tournant le plus remarquable s’est produit, lorsque le dirigeant de l’UKIP, Nigel Farage a changé de ligne politique au milieu de la même nuit. Il avait fait campagne pour maintenir la Grande-Bretagne en-dehors de l’Europe. Il est, désormais, en faveur de l’abolition de l’U.E-7-. Les sentiments eurosceptiques et anti-européens, largement répandus, sont en partie, la conséquence de la stagnation économique. Les résultats différés, mais fortement préjudiciables, de la création irresponsable de l’Euro, ont aussi, presque généré une crise économique mondiale.
La situation économique difficile a, également, confronté, les Européens du Nord, surtout, à une réalité dans laquelle leurs pays doivent prendre des risques financiers et faire montre de solidarité avec des pays appartenant, essentiellement, au sud de l’Europe, comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal, qui se sont adonnés à des pratiques irresponsables. Précédemment, une erreur dramatique a été la politique d’ouverture des frontières, qui a permis à des millions d’immigrés, dont beaucoup provenaient de pays non-démocratiques, où l’antisémitisme est bien plus élevé et plus extrémiste qu’en Europe. Parmi ces immigrés, on trouve des musulmans aussi prosélytes que fanatiques.
Depuis longtemps, Israël a constitué un prisme à travers lequel on peut voir se refléter un grand nombre des défauts propres à l’Europe. Plus de 40% des Européens pensent qu’Israël mène une guerre d’extermination contre les Palestiniens, ce qui veut dire que ce serait un Etat nazi-8-. Tous ces gens sont des antisémites extrémistes, si on s’en tient à la définition que l’U.E a préféré supprimer, plutôt que de devoir se battre contre l’immense malveillance qui siège en son sein. Aussi bien le Centre Simon Wiesenthal que l’Institut Gatestone ont contacté des hommes politiques européens de premier plan à ce sujet. Les meilleures réponses qu’ils ont obtenues en retour ont été des mots creux et inconséquents.
Peut-être que la plus sombre tache au tableau de ce Parlement européen réside dans l’élection d’Udo Voigt, du parti Néo-Nazi allemand, le NPD. Il considère Hitler comme « un Grand Homme d’Etat » et a suggéré que le dauphin d’Hitler, Rudolf Hess, aurait dû être récompensé par le Prix Nobel de la Paix -9-. Il est rejoint par d’autres antisémites, xénophobes, négationnistes (de la Shoah) et, surtout, de nombreux racistes humanitaires et progressistes, qui tournent les yeux et baissent la tête devant l’incitation générés par les Musulmans génocidaires. Dans ce nouveau Parlement, ils représentent les nombreux aspects repoussants du véritable visage de l’Europe.
Udo VoigtLe Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.
Adaptation : Marc Brzustowski.
-1- Manfred Gerstenfeld, “Muslim Anti-Semitism in Europe,” Journal for the Study of Anti-Semitism, volume 5, no. 1, 2013.
-2- Sam Sokol, “Jewish groups excoriate Denmark over legalized bestiality,” The Jerusalem Post, 3 April 2014.
-3- Manfred Gerstenfeld, “Dieren in opmars, joden op terugweg in Nederland,” Volkskrant, 19 April 2011 Dutch »>Article original.
-4- “ ‘Working Definition’ of antisemitism abandoned by Europe,” CFCA, 29 November 2013.
-5- JTA, “Greek opposition drops candidate after Jewish rant,” Times of Israel, 10 February 2014.
-6- Associated Press, “Italy kingmaker’s anti-Jewish views under scrutiny,” Ynetnews, 8 March 2013.
-7- Stefanie Bolzen, « Ich will, dass Europa die EU verlässt, » Die Welt, 26 May 2014 German »>Article original.
-8- library.fes.de/pdf-files/do/07908-20110311.pdf.
-9- Remi Adekoya, Helena Smith, Lizzy Davies, Anne Penketh, and Philip Oltermann, »Meet the new faces ready to sweep into the European parliament,” The Guardian, 26 May 2014.