Devenir cobaye de l’antisionisme européen : mode d’emploi.

Devenir cobaye de l’antisionisme européen : mode d’emploi.

Jeffrey Gedmin, citoyen américain, a été Directeur de l’Institut Aspen de Berlin. Il a ensuite pris les function de Directeur de Radio Free Europe. Il est aujourd’hui Directeur de Recherches au sein d’un Think Tank américain, l’Institut pour le dialogue Stratégique. De son point de vue, 4 facteurs principaux jouent un rôle de catalyseur dans le sentiment antisioniste croissant en Europe : le désir d’apaiser son sentiment de culpabilité pour ses crimes passes ; sa rivalité avec les Etats-Unis ; l’antisémitisme et le rejet relative, par une majorité d’Israéliens des concepts européens régissant la vie en société.

Gedmin prévoit qu’au gré de la divergence croissante entre les visions du monde, aux Etats-Unis et en Europe, ce désaccord concernant Israël ne fera que se creuser encore à l’avenir. Il affirme que : “Pendant les quarante années de la Guerre Froide, nous autres, Américains, avons nourri une relation étroite avec l’Europe,mais si elle ne se déroulait pas sans rencontrer des problems. A la suite de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989,l’Europe et, en particulier, l’Allemagne se sont progressivement réveillées en pensant qu’elles avaient moins besoin de l’Amérique. Ainsi s’est pavée la voie d’une compétition et d’une rivalité grandissante, certains sujets apparaissant bénins et d’autres beaucoup moins.

“La Dépendance vis-à-vis de l’Amérique, au cours de la Guerre Froide a suscité un terrible ressentiment européen. Les américains ont sous-estimé à quell point il pouvait être profond. Pourtant, le déséquilibre des pouvoirs entre les Etats-Unis et l’Europe demeure et cela continue d’alimenter encore plus de frustration et d’envie chez les Européens. L’Europe manqué encore de croissance économique et de dynamism, de confiance en soi et d’une démographie soutenue”.

Tonnes de courriers de haine antisémite.

Gedmin considère que, depuis 2002, l’époque est devenue, à la fois, la plus intéressante et la pire des periods pour un Américain vivant à Berlin. Il était partisan de la guerre en Irak et l’a exprimé dans les colonnes de journaux allemands, ainsi qu’au cours d’interviews télévisées. En guise d’approche méthodologique, permettant d’évaluer la situation confuse d’aujourd’hui, Gedmin suggère qu’on l’éclaire bien mieux par des illustrations. Elles mettent les problèmes essentiels bien mieux en lumière que l’analyse détaillée.

“En tant que catholique, j’ai été choqué par la somme de lettres et d’e-mails remplis de haine antisémite particulièrement virulente. J’ai reçu plusieurs dizaines d’articles de ce genre. J’y étais désigné comme un “criminal de guerre juif”, un “pornographe juif”. Excusez mon langage, mais plus d’une fois, ces textes déclaraient que j’étais un “salaud de Juif” ou un “fils de p. qu’on devait brûler au Napalm”.

“Au cours des deux dernières années de ma presence à Berlin, j’ai été publiquement insulté, conspué et on a refuse de me server dans un restaurant, parce que je soutenais la guerre visant à renverser Saddam Hussein. Une fois, j’étais assis sur un banc à Berlin, en face du célèbre hotel Adlon.Trois jeunes gens m’ont reconnu comme quelqu’un qui soutenait cette guerre, et ils m’ont conspué à distance. C’étaient des jeunes soigneusement vétus en polo, d’une vingtaine d’années, pas du tout des Skinheads. Ils disaient : “Vous n’êtes pas le bienvenu, ici. Rien, ici, ne vous appartient. Pourquoi est-ce que vous ne fichez pas le cmap de ce pays?”. Un tel rejet m’a profondément marqué.

“Le débat sur l’Irak en Europe, généralement et en Allemant plus spécifiquement, m’a frappe. Le chancelier allemande disait que même si les Etats-Unis agissaient de façon multilatérale ou dans le cadre d’un mandate de l’ONU, l’Allemagne ne participerait pas à la guerre. Une Ministre socialiste au sein du Cabinet, la Ministre de la Justice Herta Daeubler-Gmelin, a compare George W. Bush à Adolf Hitler. Un député social-démocrate de premier plan acomparé l’ambassadeur américain à Berlin à un de ses homologues soviétiques. Deux Ministres allemands ont defile dans les rues endésignant les Américians comme étant des criminels de guerre et en chantant : “Pas de sang contre du pétrole”.

“Un responsable important du Ministère des Affaires étrangères prétendait que l’Amérique devenait, à l’intérieur, un Etat-policier (comme la Stasi). Un autre nous accusait d’imposer une Doctrine Brejnev à l’UnionEuropéenne. Le Ministre allemand des affaires étrangères, Joshka Fischer affirmait que les Allemands étaient fatigues d’être considérés comme un satellite des Etats-Unis. Et tout cela bien avant que nous ne prenions la moindre decision sur ce qu’il fallait faire en Irak.“Je me rappelle être passé fréquemment devant l’ambassade américaine sur Unter den Linden (une des principals avenues du centre de Berlin) et d’y apercevoir une pancarte suspendue Durant des semaines par les manifestants, qui disait : “M. Bush, souviens-toi de Nuremberg. La mort par pendaison!”. Cela m’a laisse penser qu’une partie immergée du débat concernant “l’Irak” – et peut-être bien plus que cela – avait bien plus à voir avec le besoin de contenir et de contrer les Etats-Unis qu’avec le fait de savoir si Saddam Hussein devait ou non être chassé du pouvoir”.

Israël : une pomme de discorde

“Israël est, depuis longtemps, une pomme de discorde entre l’Amérique et l’Europe. De nombreux Européens perçoivent ce pays comme un allié, un partenaire, un avant-poste, un clientou un satellite des Etats-Unis. Même si, dans le cadre de la relation entre l’Europe et Israël, cette dernière connexion aux Etats-Unis n’est pas la force motrice, elle reste très importante.

“Peut-être que le facteur le plus crucial dans l’attitude hostile croissante de l’Europe envers Israël,reste l’histoire du vieux continent. Chaque fois qu’un rédacteur en chef, un intellectuel ou home politique européen souligne que les Palestiniens sont les victims et les Israéliens des agresseurs dans le conflit, ces Européens se déchargent du fardeau de leur passé. Dans leur attitude discriminatoire à l’égard d’Israël, les facteurs pathologiques-psychologiques dominent ceux d’origine idéologique. Et au sommet de tout, on trouve cet antisémitisme méprisable parmi les Européens, comme ma proper experience en atteste.

“Pourtant, il y a une autre force antisioniste qui découle du fait que les Européens pensent avoir créé un Projet Rêvé, qui s’incarne dans l’Union Européenne, fondé sur des règles, des regulations et le pouvoir suppose du citoyen. Ils essaient désespérément d’exporter ce modèle préconçu vers Israël, qui, pour des raisons logiques, n’est pas accepté comme tel par la majorité des Israéliens. Cela contrarie infiniment ces Européens. Ils se tournent alors vers Israël et lui disent : “Vous ne jouez pas selon les règles définies dans notre modèle. Vous voulez toujours briser les règles, lorsqu’elles ne correspondent pas à votre réalité”. Cela provoque un veritable court-circuit dans de nombreux cerveaux européens”.

Le déni : un trait caractéristique du discours européen.

Gedmin ajoute : “Dans les conversations, les Européens m’apportent souvent le même genre d’opinions très “Unionistes”, très diplomates, postnationales, post-modernes, aussi stériles, à propos du Moyen-Orient. Ils dissent qu’Israël prend mal le problème palestinien. Il devrait moins s’appuyer sur la force et investor bien plus dans le dialogue avec les cercles dirigeants palestiniens. Ensuite, il suffirait de donner aux Palestiniens ce qu’ils veulent : leur diginité et leur terre. Et ainsi Isrtaël obtiendrait ce qu’il veut : la paix. Après tout, prétendent ces Européens, la violence engender la violence et crée de nouveaux cycles de violence.

“Le déni et l’apaisement sont les traits caractéristiques essentiels du discours politique européen”, dit Gedmin. Dans ses fonctions, il rencontre beaucoup de gens de milieu très divers et peut s’appuyer sur un matériau anecdotque très fourni.

“Lors d’une conversation avec une très distinguée professeur allemande, j’ai fait ce que je pensais être une Remarque inoffensive, en disant : “C’est vrai qu’en general, nous autres, Américains avons tendanceà être pro-Israéliens, et que de nombreux Européens s’affichent pro-Palestiniens. Mon interlocuteur s’est alors montré très en colère, en se demandant comment pouvais-je penser une chose pareille? Elle a prétendu qu’une telle idée était complètement absurd. L’Europe en general, à cause de son passé – et donc l’Allemagne en particulier- a une obligation spéciale envers l’Etat d’Israël et la remplit à tous égards. Elle pensait aussi que cette suggestion sous-entendant que toutes les franges du paysage politique allemand puissent être anti-israéliennes était scandaleuse”.

“Rester sourd” aux failles systématiques de l’information

“Aussi réputée qu’elle pouvait être, cette personne est malhonnête intellectuellement et elle manifeste un profond déni, si elle parcourt les journaux, observe la couverture des télévisions et écoute les débats. Elle ne prête aucune Oreille aux déformations générales, si ce n’est à l’expression de l’hostilité à l’encontre de l’Etat démocratique d’Israël”.

Tiré du livre de Manfred Gerstenfeld : Israel and Europe: An Expanding Abyss, (Jerusalem: Jerusalem Center for Public Affairs, The Adenauer Foundation, 2005)

Adaptation : Marc Brzustowski.

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