Retour sur la mission totalement tronquée de Goldstone
Manfred Gerstenfeld interviewe Anne Herzberg, conseillère juridique d’NGO Monitor, qui observe l’action politisée des ONG défavorables à Israël et qui militent activement contre l’Etat Juif au sein des instances de l’ONU.
A l’heure où le Hamas s’installe à Ramallah et perçoit les financements de l’UE et des Etats-Unis, il est urgent de prévoir ce qui pourrait résulter d’une autre affaire du genre du Rapport Goldstone.
“A la suite de la Campagne “Plomb Durci”, menée par Israël à Gaza, en 2008, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies a confié un mandat, aux objectifs complétement déformés, à une commission dirigée par le Juge Richard Goldstone. Dans cet ordre de mission, on peut lire : « Pour déployer une mission d’urgence, internationale et indépendante, de recherches de preuves, qui sera désignée par le Président du Conseil, afin d’enquêter sur toutes les violations des droits internationaux et des lois humanitaires internationales, de la part de la puissance occupante, Israël, contre le peuple palestinien, à travers le Territoire Palestinien Occupé, particulièrement, dans la Bande de Gaza occupée, du fait de l’actuelle agression. Elle enjoint à Israël de ne pas faire obstruction au processus d’enquête et de coopérer pleinement avec cette mission ».
“Ce mandat appelait ainsi à une enquête exclusivement à charge contre Israël. En outre, il comprenait plusieurs déclarations qui préjugeaient des résultats de l’investigation, comme l’assertion préalable qu’Israël avait, effectivement, commis des violations des droits de l’homme et des lois humanitaires, qu’Israël était bien une « puissance occupante », engagée dans une « agression ». Ce préjugé manifeste est la raison pour laquelle l’ancienne commissaire des Droits de l’Homme au Nations-Unies, Mary Robinson, avait, précédemment, refusé de diriger une telle commission ».
Anne Herzberg est conseillère juridique pour NGO Monitor. Avant de venir en Israël, elle s’occupait de résoudre les litiges à New York. Avec le Prof. Gerald Steinberg, elle a coécrit un livre intitulé : The Goldstone Report “Reconsidered.”A Critical Analysis. Reconsidérer le rapport Goldstone. Une analyse critique.”“Avant sa nomination, chacun des membres de la mission avait formulé des déclarations préjudiciables à l’encontre d’Israël, concernant sa conduite durant la guerre. Trois d’entre eux : Goldstone, Hina Jilani et Desmond Travers – ont signé une lettre largement rendue publique, en mars 2009, dont l’initiative revient à Amnesty International, accusant Israël « de très graves violations des lois de la guerre ». Elle affirmait aussi que : « Les évènements à Gaza nous ont choqué jusqu’au tréfonds de l’âme ». Son quatrième membre, Christine Chinkin, a signé une lettre publiée dans le Sunday Times de Londres le 11 Janvier 2009, déclarant que les actions d’Israël étaient des « crimes de guerre » et démentant que l’opération puisse être une forme légale d’autodéfense.
“La mission Goldstone était pervertie depuis le tout début, dans presque tous ses aspects. Cela inclut le mandat orienté, la sélection des membres de la mission et la procédure fondée sur la seule hypothèse de la culpabilité d’Israël. Il y avait aussi un manque de transparence dans sa procédure d’enquête, sa dépendance lourde et son implication secrète envers l’agenda politique d’ONG comme Amnesty International et Human Right Watch. De plus, il existait des conflits d’intérêt entre les membres de la mission et ces ONG, une défaillance dans la recherche d’une plus large gamme de ressources matérielles et la forme des auditions publiques dans Gaza, qui ressemblaient plus à un procès-spectacle qu’à autre chose. Il y a aussi eu des auditions secrètes à Genève et bien d’autres vices juridiques de fond et de forme. A aucun moment, la Commission Goldstone ne s’est comportée selon les normes internationales de l’examen des faits, telles que celles mises en œuvre par l’Association Internationale Bar.
“Il y a aussi eu de nombreux vices de procédure dans le rapport. Plutôt qu’à une enquête d’établissement des faits visant à promouvoir une meilleure compréhension des évènements, le rapport a clairement été élaboré en vue d’une inculpation d’Israël, où chaque source était utilisée pour renforcer ses conclusions sur la culpabilité d’Israël et dans le seul but de décrire Israël comme sous le pire jour qui soit.
“ De façon mensongère, Goldstone a prétendu qu’il allait enquêter sur toutes les parties prenantes du conflit. Pourtant, les 36 incidents sur lesquels le rapport se fonde, se focalisaient sur des actions israéliennes et aucun émanant du Hamas. Afin de créer une illusion d’équilibre, les auteurs du rapport ont intégré quelques paragraphes mentionnant les tirs de roquettes du Hamas et le traitement de l’otage Gilad Shalit. Ils n’ont fait l’objet d’aucune enquête détaillée par cette mission et constituent un pourcentage minime du rapport de 450 pages. D’autres problèmes majeurs mis en lumière par de nombreux experts juridiques, même ceux hautement critiques d’Israël, sont liés à sa dépendance envers des normes légales inventées pour la circonstance. Comme l’a déclaré Yuval Shany, de l’Université Hébraïque, le rapport « a instauré une norme que personne n’applique et que personne ne peut remplir ».
“Le rapport a même condamné Israël pour avoir employé des méthodes destinées à limiter les dommages collatéraux subis par la population civile, comme le fait de larguer des messages d’avertissement aux Palestiniens et des messages SMS concernant des attaques imminentes. Le rapport ne dépend exclusivement que des affirmations invérifiées – et dans certains cas, fabriquées – de certaines ONG. A chaque fois que des preuves à décharge étaient disponibles, le rapport les a retirées ou déformées pour qu’elles soient mises en conformité avec le narratif prédéterminé.“L’accusation abusive, qui est centrale dans ce rapport, est qu’Israël aurait délibérément pris pour cible des civils afin de « punir » les Gazaïotes. Le rapport refuse de considérer que le Hamas a utilisé des boucliers humains en investissant les zones civiles de Gaza. Non seulement le rapport se refuse à condamner le Hamas pour cela, mais, il accuse en réalité Israël d’avoir utilisé des boucliers humains.
“Si on accepte le rapport Goldstone, les terroristes des futurs conflits asymétriques peuvent en déduire qu’il est tout-à-fait admis d’opérer délibérément depuis les zones où les dommages civils collatéraux seront les plus élevés. Les dégâts provoqués contre la législation humanitaire internationale sont d’une préoccupation moindre, puisque la plupart des experts juridiques sérieux dans ce domaine ont rejeté l’analyse juridique terriblement orientée de ce rapport.
“En avril 20011, Goldstone a avoué, dans un article du Washington Post, que le postulat central du rapport, affirmant qu’Israël avat délibérément pris pour cibles des civils palestiniens, était faux. Il a, cependant, mensongèrement, prétendu que sa commission avait débouché sur des conclusions erronées, fondées sur des preuves dont elle disposait à l’époque. La vérité est qu’il a, de son plein gré, ignoré les preuves du contraire, dont ils disposaient déjà et qui s’étalaient au grand jour devant eux ».
Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.
Adaptation : Marc Brzustowski.